T.I.C.E.

Intégration des N.T.I.C.



Le principal problème posé par l'intégration des N.T.I.C. dans le système d'éducation et de formation est celui de la remise en cause du modèle d'enseignement en usage aujourd'hui.

  Les finalités du système éducatif sont contestées, rassurons nous, ce n'est ni la première, ni le dernière fois, il saura s'adapter. En effet, pendant la première moitié du millénaire que nous venons de quitter, l'enseignement portait exclusivement sur l'étude des grands textes. Puis la réalité va pénétrer dans l'École. C'est tout le sens des travaux des réformateurs : Rabelais, Rousseau, Decroly, … et va naître l'idée que tous les enfants devront être éduqués. À ce propos souvenons nous que la culture gréco-latine était encore triomphante après la dernière guerre ; depuis ont fait irruption, les cultures scientifique, artistique, technique, sportive et aujourd'hui, c'est au tour de la culture informatique.

  Il en est de même pour les contenus et les structures puisque presque tous les métiers sont transformés par l'informatique et que l'école hors les murs nous guette (F.O.D., F.O.A.D., elearning, eformation, ?).

  Les méthodes et la relation éducative ont déjà beaucoup évolué. Si l'arrivée de l'imprimé, en tant que concurrent du seul mode verbal, n'a pas profondement modifié l'acte d'apprendre car les modes de transmission du savoir sont les mêmes à partir de ces deux canaux, il n'en est pas de même lorsque l'image, l'illustration pénètrent l'école (la bande dessinée est toujours pourfendue par les grandes âmes), et encore moins lorsque les magnétoscopes et la télévision remplacent, le temps d'un cours, le maître. Avec l'ordinateur, la recherche et la manipulation de l'information sont aisées, l'enseignant n'est plus celui qui sait tout, mais il doit aider l'élève à retrouver le Savoir, dont il n'est plus l'unique dépositaire.


  Quant à l'évaluation elle fut remise en cause immédiatement après la dernière guerre (Henri Pierron, …). Dans les années 70, ce sont les calculettes et les documents qui envahissent les salles d'examen. Combien de temps résisteront-elles à l'introduction de l'évaluation assistée par ordinateur ?

  Le temps de l'école était, et reste sans doute, celui du livre : écrit avant-hier, fabriqué hier et lu aujourd'hui. Bien sûr les procédés d'édition modernes ont rendu le processus plus rapide. Le journal permet de lire ce qui s'est déroulé la veille, la radio et la télévision informent en direct, les simulateurs permettent de prévoir l'avenir, de connaître demain. L'opposition entre le temps de la société et celui de l'école est patent. Le temps de l'école est celui de rythmes immuables, que les vacances scandent, remplaçant les moissons.

L'éducation ne peut pas ne pas tenir compte de l'évolution de la société et de celle des techniques. Sans négliger le passé, l'enseignant éduque des êtres qui vivent dans le présent et pour le futur. Il faut que les composantes historiques de l'humanité se conjuguent avec l'expérience vécue et actuelle des élèves.

On ne peut pas former des hommes en ne regardant que le passé et en oubliant la réalité d'aujourd'hui. On ne peut pas former non plus des hommes en ne regardant que l'avenir, en négligeant leurs racines culturelles, gages d'intégration dans leur société.


C'est l'intégration des savoirs d'avant-hier, d'hier, d'aujourd'hui et de demain qui permettra la rénovation des pratiques pédagogiques.